Réalisateur & Fondateur

Formé initialement comme charpentier, Damien Boyer quitte tout à 24 ans pour partir filmer des tribus isolées. Pendant treize mois, il traverse l’Asie, le Népal, la Birmanie et l’Afrique du Sud, au plus près de communautés indigènes reculées. Ce voyage fondateur révèle ce qui deviendra le cœur de son cinéma : aller là où les regards s’arrêtent, déplacer les évidences, chercher l’humain derrière ce qui effraie, dérange ou semble impossible à approcher.
Damien Boyer n’a pas peur de faire éclater certaines vérités. Il croit que le documentaire peut ouvrir une brèche dans les certitudes, à ceux que l’on résume trop vite, faire changer de regard sur des sujets qui bloquent la société. Son cinéma avance dans ces zones tendues, parfois sombres, où l’on préfère détourner les yeux. Lui y entre pour y chercher de la lumière.
En 2007, avec son épouse Florence, il fonde Orawa Films à Montmeyran, dans la Drôme. La société se consacre à des documentaires d’impact, ancrés dans des sujets de société forts, avec le désir de faire naître une rencontre plutôt qu’un simple discours.
Avec Et je choisis de vivre en 2019, co-réalisé avec Nans Thomassey, il signe un film bouleversant sur le deuil, élu meilleur documentaire par les spectateurs sur Allociné et diffusé sur France 5. Dans la continuité de cette œuvre, il fonde également Mieux Traverser le Deuil, une plateforme d’accompagnement destinée aux personnes endeuillées.
Il poursuit cette exploration avec Anesthésia, dont la sortie est prévue le 26 juin 2026. Le film aborde l’euthanasie et le suicide assisté à travers une question intime et rarement posée : comment faire son deuil lorsque la mort a été voulue, organisée, provoquée ? Sa sortie accompagne un moment décisif du débat parlementaire français autour de la légalisation de la mort provoquée.
Au fil de ses films, Damien Boyer a fait de l’immersion dans les communautés méconnues une véritable signature. Après les peuples indigènes et les personnes traversées par le deuil, il poursuit cette quête avec les prêtres, à travers Sacerdoce puis Baroudeurs du Christ. Ces films cumulent plus de 130 000 entrées en salles et figurent parmi les documentaires les mieux notés de leur année par les spectateurs sur Allociné.
Sa filmographie se distingue par une fidélité rare : entrer dans les sujets complexes sans les réduire, traverser les peurs collectives sans les exploiter, et chercher, au cœur de ce qui paraît sombre, la part d’humanité qui peut encore réveiller un regard.
Je crois que le cinéma documentaire est un art de la rencontre, jardin de vérité. Chaque film naît d’un émerveillement devant une vie, un engagement, un mystère humain que je souhaite partager.
Mon approche est celle de l’immersion longue : vivre avec les personnes que je filme, gagner leur confiance, puis raconter leur histoire avec la justesse et la profondeur qu’elles méritent.
Je m’inscris dans le cinéma du réel, un cinéma d’observation et d’attention au monde, qui cherche moins à démontrer qu’à révéler. Mon travail se nourrit de cette exigence de présence, où la caméra devient un outil de lien, au service du vrai.
Cette démarche s’ancre dans un corpus de réalisateurs qui ont façonné ma vision. Je me reconnais dans la rigueur et la patience de Frederick Wiseman, dont le regard attentif sur les institutions et les individus a profondément marqué ma manière de filmer. J’admire également la capacité de Yann Arthus-Bertrand à relier l’intime et l’universel, en portant à l’écran des récits qui éveillent les consciences. Enfin, le travail de Sebastian Lipchitz m’inspire par sa sensibilité et son approche incarnée du réel.
Je suis convaincu que les histoires les plus universelles naissent des rencontres les plus singulières. C’est en allant au plus près de l’humain que l’on touche à l’universel.